Évolution du sommeil de l’enfant de 1 à 3 ans : tout ce que vous devez savoir



De 0 à 12 mois, bébé dort énormément, le sommeil chez le tout petit se caractérise par des cycles courts entrecoupés de courtes périodes d’éveil. Il est alors en phase de construction et d’apprentissage pour faire la distinction jour / nuit tant attendue par les parents. 

De 1 à 3 ans, c’est une nouvelle période durant laquelle il entre dans une phase dite de maturation : c’est-à-dire de stabilisation et de consolidation qui lui permettra d’atteindre le modèle du cycle circadien de l’adulte. Si le jeune enfant va moins dormir, le sommeil reste une composante essentielle de son développement. Mais alors, à quel âge bébé ne fait plus la sieste le matin et comment savoir quand arrêter la sieste ? Quelle incidence sur ses nuits ? On fait le point avec vous sur ses besoins et l’évolution des cycles du sommeil de l’enfant en nous appuyant sur l’analyse d’Évelyne Martello, auteur du livre « Enfin je dors… et mes parents aussi » paru aux Éditions du CHU Sainte-Justine. 

Moins de temps de sommeil, mais des besoins relativement importants pour l’enfant de 1 à 3 ans

Bébé grandit, il évolue, découvre son environnement et s’ouvre au monde. Dans cette phase d’exploration, il déborde d’énergie pour assouvir sa soif de curiosité. De découverte en découverte, il fait l’acquisition d’apprentissages fondamentaux : son développement corporel, la marche, tout doucement la parole et la réflexion. 
Ces activités le fatiguent et c’est bien normal et c’est grâce aux phases de récupération jour / nuit qu’il en est capable.
Il recharge ses batteries et durant la nuit, le développement neurologique de l’enfant progresse, il fabrique également des anticorps et l’hormone de croissance !
Si bébé dormait de 16 à 20 heures par jour, le jeune enfant passe moins de temps dans les bras de Morphée, mais son temps de sommeil reste important par rapport à celui de l’adulte : les spécialistes estiment en moyenne que de 1 à 3 ans, l’enfant doit avoir au total entre 12h à 13h de dodo sur 24 heures.

  • À 1 an : il fait encore la sieste du matin et une autre en deuxième partie de journée. Il peut avoir également un temps de repos en toute fin de journée. C’est généralement vers 15 / 18 mois que cette dernière est naturellement supprimée au profit d’une plus longue l’après-midi (d’une durée de 2 heures) qui peut amener à décaler le déjeuner et l’unique sieste plus tôt (en raison de son état de fatigue).
  • L’enfant de 2 ans et 3 ans : 90% des enfants font la sieste l’après-midi, et pour les petits dormeurs, elle est réduite à 60 / 90 min voire parfois à un simple temps de repos et de calme.

Cette régulation circadienne a pour conséquence directe, la mise en place d’un horaire du coucher plus tôt. 

Évolution du train du sommeil de l’enfant et de son cycle 

Source : Pixabay

De nouvelles phases (ou stades) arrivent dans le cycle de l’enfant vers un an et modifient son train du sommeil pour arriver à un modèle de cycle correspondant à celui de ses parents :

  • Après la phase d’endormissement apparait un nouveau stade nommé « sommeil lent très léger »,
  • Il est suivi du « sommeil lent léger » et du « sommeil lent profond » (SLP),
  • Puis apparition d’un nouveau stade avec le « sommeil lent très profond », 
  • Enfin, son cycle circadien se termine avec le sommeil paradoxal.

Si de 1 à 2 ans ses cycles ont une durée moyenne de 70 à 90 minutes, à partir de sa troisième année, le cycle du sommeil de l’enfant s’allonge et est compris entre 90 et 120 minutes.

En grandissant, durant ces 3 années-ci, il enchaine les cycles plus facilement avec beaucoup moins de réveils nocturnes. Bien souvent ces derniers ne durent que quelques secondes et il se rendort immédiatement tout seul. 

Et c’est à la fois son bon développement neurologique et la suppression de la sieste du matin qui engendre cette réorganisation avec un temps de repos nocturne plus important et des phases plus longues de SLP. 

Les troubles du sommeil de l’enfant : des fragilités normales

En grandissant et en découvrant son environnement, l’enfant s’éveille, se développe et s’épanouit. Avec des journées aussi remplies et enrichissantes, ses nuits ne sont pas toujours de tout repos et l’équilibre obtenu jusque-là avec un rythme et des horaires réguliers de dodo peut être mis à mal. Mais pas d’inquiétude, ces petites phases de déséquilibrage reviennent très vite à la normale, en disparaissant aussi vite qu’elles sont arrivées.

Parmi les petits troubles du sommeil de l’enfance figurent :

  • Les difficultés d’endormissement le soir (il n’arrive pas à s’endormir ou l’enfant lutte contre le sommeil). Elles peuvent être liées à l’arrivée de la peur du noir ou à des siestes trop longues ou à la difficulté de séparation. 
  • Les réveils liés aux douleurs de croissance ou le sommeil agité avec difficulté de rendormissement après une fin de cycle.
  • Les cauchemars : leurs apparitions coïncident bien souvent avec l’évolution du langage, ses facultés de réflexion et son imagination.
  • Les terreurs nocturnes : généralement liées à des angoisses, elles sont impressionnantes pour les parents, car l’enfant est en situation d’effroi et refuse souvent d’être touché, cajolé, câliné. Pourtant à son réveil, l’enfant ne se souvient de rien.
  • Ou plus rare, l’apnée du sommeil de l’enfant qui peut refléter un problème ORL ou être lié à une mauvaise position du petit dans son lit pour dormir.

Rappelons qu’un changement de situation peut affecter son rythme et la qualité de son repos : un départ en vacances, l’entrée en crèche, une nouvelle nounou, un déménagement, une séparation, une agitation importante lors de la journée précédente (fêtes de famille etc.). N’oubliez pas non plus que les enfants ressentent la tension, le stress, l’angoisse, la tristesse des leurs : l’adage dit « parents zens, bébé zen ».

Comment l’aider à bien dormir ?

Cet apprentissage progressif qui débute vers 3 ou 4 mois avec la distinction jour / nuit se poursuit les années suivantes avec l’aide, la patience et l’investissement des parents.

La régularité est une clé fondamentale : elle crée des repères précieux pour l’équilibre de l’enfant dès son plus jeune âge. Elle est aussi synonyme de sécurité : les repères font partie intégrante de son quotidien et structurent l’enfant.

Pour rétablir le bon rythme et favoriser l’endormissement, pensez :

  • Aux horaires fixes de repas et de coucher.
  • À la routine du soir appelée aussi rituel du coucher : un temps calme et précieux de câlins, d’échange et de partage (histoire, discussions réconfortantes, berceuse), un moment de détente (massage, relaxation avec petits exercices de respiration à faire ensemble).
  • Aux paroles apaisantes et encadrantes qui sonnent l’heure du dodo et instaurent la séparation en douceur : « bonsoir, fais de beaux rêves, à demain matin, dors bien ».
  • Aux lumières. Mieux vaut éviter les lumières fortes, l’exposition aux ampoules LED, aux écrans lumineux. Préférez une ambiance feutrée, car avec la diminution de l’intensité lumineuse, le corps produit la mélatonine, hormone nécessaire à l’endormissement.
  • Aux doudous, objet de transfert qui facilite la séparation.

Source :

Evelyne Martello. Enfin je dors… et mes parents aussi. 2ème édition. Montréal : Editions du CHU Sainte-Justine ; 2018