Comment éviter le syndrome de mort subite du nourrisson ?



La mort inattendue du nourrisson (MIN), ou mort subite du nourrisson (MSN) est une cause de décès encore présente chez les bébés, malgré une diminution considérable de son incidence en France grâce à une grande campagne de prévention « Je dors sur le dos ».

Aujourd’hui, les décès par MSN représentent environ 250 cas chaque année. Si ce chiffre reste stable, il est important d’améliorer la prévention grâce à des gestes simples à adopter au quotidien. Voici quelques recommandations d’usage pour éviter la mort subite du nourrisson.

Mort subite du nourrisson : c’est quoi ?

Définition : Le syndrome de la mort subite du nourrisson est le décès brutal d’un bébé entre 1 mois et 1 an, sans signe avant-coureur et sans cause précise retrouvée à la suite d’investigations poussées (examens complémentaires, historique médical, etc.). Ce décès brutal de bébé survient pendant son sommeil.

Le syndrome de MSN a été revu et renommé « mort inattendue du nourrisson » dès l’année 2000 afin de pousser les investigations sur les causes de mortalité possibles des bébés. La Haute Autorité de la Santé (HAS) a ainsi étendu la prise en charge des MIN en augmentant la limite d’âge à 2 ans. L’institut de veille sanitaire a, quant à lui, fixé à 2 ans et 3 mois la limite d’âge à inclure dans les statistiques épidémiologiques.

La MSN est donc évoquée lorsque les investigations réalisées post-mortem ne permettent pas d’expliquer de façon médicale le décès. La MIN peut englober plusieurs situations, incluant la MSN : 

  • à la suite d’une maladie aiguë d’apparition brutale ou non considérée comme étant à risque ;
  • à la suite d’une pathologie non diagnostiquée par l’équipe médicale de l’enfant ;
  • à la suite d’un traumatisme, un accident, une intoxication, etc.

Le syndrome de mort subite du nourrisson est aujourd’hui reconnu par la Classification internationale des maladies, publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Selon une étude publiée en 2016 par l’Observatoire National de la mort inattendue du nourrisson, la MIN est la première cause de mortalité infantile en France, chez les nouveau-nés âgés de 1 à 12 mois. Cette étude rapporte que la MIN serait à l’origine de 500 décès chaque année. Cependant, beaucoup de cas seraient classés un peu à tort sous l’étiquette MSN, et il est difficile d’obtenir une estimation récente.

Syndrome de la mort subite du nourrisson : les causes possibles

Il est très difficile d’établir une cartographie des causes précises, puisque la MSN par définition est une mort inexpliquée. Cependant, les études médicales menées ont permis de retrouver des causes possibles. Parmi elles, on peut évoquer un facteur génétique qui serait à l’origine d’un certain nombre de MSN, sans que celui-ci soit pour l’heure identifié. Il existerait également une anomalie portant sur la sérotonine qui pourrait expliquer près de la moitié des décès précoces des enfants. Certaines infections chez le nouveau-né pourraient aussi expliquer la survenue d’une mort soudaine.

Il semblerait que la MSN résulte d’un ensemble de facteurs. En ce sens, plusieurs facteurs de risques ont été identifiés :

  • l’environnement : les conditions de couchage des bébés et l’environnement de sommeil (position ventrale, co-dodo…) ;
  • l’âge et le sexe, ainsi que le poids de naissance et la prématurité ;
  • des pathologies relatives aux tout-petits ;
  • le tabagisme maternel (supérieur à 10 cigarettes par jour) : le tabagisme passif est un facteur de risque important ;
  • l’alcoolisme de la maman ;
  • le jeune âge de la mère (le risque est plus élevé chez les très jeunes mamans de moins de 18 ans) ;
  • la famille nombreuse : risque augmenté dans une grande fratrie (à partir de 4 enfants).

On note par ailleurs que les MIN touchent plus fréquemment les garçons.

Comment éviter la mort subite du nourrisson ?

Quelques gestes simples permettent de prévenir le risque de survenue d’une MIN. Puisque l’environnement joue un rôle dans l’apparition de ce syndrome, il est important d’adopter les bons réflexes pour éviter la mort subite du nourrisson. Voici les recommandations importantes à retenir et à appliquer à la maison pour assurer des bonnes nuits de sommeil :

  • toujours coucher son enfant sur le dos (en position décubitus dorsal), que ce soit la nuit ou lors des siestes. On élimine le couchage sur le ventre ou en position latérale qui peut présenter des risques pour la santé des plus petits ;
  • éviter de couvrir son nouveau-né avec des draps, duvets ou couvertures : il pourrait se recouvrir la tête et obstruer ses voies aériennes ;
  • privilégier les turbulettes ou gigoteuses jusqu’aux 2 ans de bébé ;
  • supprimer le tour de lit sauf ceux qui sont fermes et très fins, et éviter tout objet mou dans le lit de l’enfant (peluches, jouets) ;
  • installer le lit du bébé dans la chambre de ses parents ;
  • ne pas fumer pendant la grossesse ou en présence de ses enfants ;
  • éviter le co-sleeping ou co-dodo dans les premières semaines (avant ses 8 semaines), surtout si l’un de ses parents fume ou boit de l’alcool ; 
  • choisir un matelas ferme, aux bonnes dimensions, sans oreiller ni ajout de coussins ou couette ;
  • veiller à ce que la température de la chambre soit comprise entre 18 et 20 degrés ;
  • favoriser la position ventrale pour les jeux durant les heures d’éveil (aux 4 mois de l’enfant), cela renforce le tonus cervical de l’enfant ;
  • offrir une tétine avant le dodo, sans l’imposer à l’enfant.

Tous ces conseils préventifs doivent être communiqués à toutes les personnes susceptibles de garder votre enfant (baby-sitter, famille…).

Le co-sleeping ou co-dodo : des études américaines ont révélé que partager son lit avec son bébé (ou co sleeping/co dodo) serait un facteur de risque important et représenterait environ 75 % des décès de nourrissons entre 0 et 3 mois, et 59 % chez les nourrissons entre 4 et 12 mois sur tous les cas étudiés. Le risque d’accident par écrasement thoracique ou étouffement est non négligeable. N’hésitez pas à en parler avec un professionnel de santé à la sortie de la maternité. 

Mort subite du nourrisson : les aides

L’Observatoire National de la Mort subite du Nourrisson du CHU de Nantes recense les sites de référence MIN ainsi que des informations précieuses pour les patients. Une plaquette informative est disponible en téléchargement.

L’Association Naitre et Vivre articule son travail autour de la prévention de la mort subite du nourrisson, mais aussi de l’accompagnement des parents. Des conseils et échanges de témoignages permettent de soutenir les familles en deuil.

Les centres de référence MIN sont des points de référence pour l’accueil des parents et la réalisation de l’autopsie. Ce sont eux qui participent à l’élaboration du diagnostic de MSN ou MIN. En cas de décès brutal, le bébé est transporté obligatoirement vers l’un de ces centres.


Sources :

Santé Publique France. Publié le 1er mars 2011. Mis à jour le 5 juillet 2019. Disponibilité sur internet : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/les-morts-inattendues-des-nourrissons-de-moins-de-2-ans.-enquete-nationale-2007-2009 

Comment bien coucher un bébé ? Site de l’assurance maladie AMELI. Publié le 14 janvier 2019. (consulté le 1/10/2019). Disponibilité sur internet : https://www.ameli.fr/rhone/assure/sante/bons-gestes/bebe/coucher-bebe

Dr CHALLAMEL MJ, DODANE MA, KUGENER B. Chambre, lit, couchage : prévenir la MIN (mort inattendue du nourrisson). MPEDIA, spécialiste de l’enfant. Mis à jour le 17 septembre 2019. Disponibilité sur internet : https://www.mpedia.fr/art-coucher-mon-bebe/