« Un garçon, ça ne pleure pas », « Les filles sont nulles en sport », … On connaît tous ces petites phrases qui semblent banales et innocentes. Pourtant, à force de les entendre, elles finissent par influencer la façon dont on se voit, et dont on voit les autres. Être une fille ou un garçon nous oblige-t-il à aimer certaines choses, à se comporter d’une certaine façon ou à avoir certaines qualités ? Certainement pas ! Zoom sur les clichés sexistes, leurs conséquences et la façon de s’en libérer …
L’influence des clichés sexistes
Dès la petite enfance, les stéréotypes s’invitent dans la vie quotidienne, à travers le choix des jouets, des activités ou des vêtements. Ainsi à 3 ans, les enfants ont déjà intégré l’idée que les « garçons sont forts » et les « filles plus faibles ou plus calmes ». Transmises par la famille, les médias, l’école ou la société , ces croyances influencent alors les choix des jeunes et leurs aspirations. Ces différences ne sont donc pas innées, contrairement à ce que certains voudraient te faire croire !
Ces croyances ont de nombreuses conséquences au quotidien. Par exemple, les garçons investissent beaucoup plus l’espace de la cour de récréation que les filles. Ils ont tendance à dissimuler leurs émotions en grandissant. On attend souvent d’un garçon qu’il dépasse ses craintes et ses limites alors que les filles ont parfois peur de prendre des initiatives. Les tâches domestiques ne sont pas réparties de façon équitable dans les foyers. La féminité est souvent associée au fait d’être coquette et de se « pomponner », et la virilité au fait d’être robuste et musclé.
Des pratiques sportives et culturelles genrées
Les clichés sexistes influencent aussi les pratiques sportives et culturelles dès l’école primaire et cela s’intensifie pendant l’adolescence. Les garçons seront plus facilement orientés vers des activités dites « masculines » comme les sports de ballon ou de combat. Les filles vers la gym, la danse, la natation, etc. Ainsi à l’âge de 14 ans, les filles sont 2 fois plus nombreuses que les garçons à abandonner le sport. Elles investissent davantage que les garçons le milieu culturel et artistique (lecture, arts plastiques, musique, etc.), au détriment du sport.

Des parcours scolaires différents
Les études montrent aussi que le parcours scolaire des filles est souvent plus fluide (moins de redoublements, sortie du système scolaire plus tardive, meilleure réussite aux examens, etc.). Pour autant, elles sont beaucoup moins confiantes que les garçons dans leur réussite scolaire.
A niveau scolaire égal, les stéréotypes de genre orientent aussi les parcours scolaires et le choix des études. Les garçons sont ainsi plus nombreux à s’orienter vers un lycée professionnel ou technologique ou en apprentissage alors que les filles iront davantage en filière générale. Les garçons sont plus présents dans les filières scientifiques ou technique. Les filles seront plus facilement orientées vers les métiers de la santé ou du social.
Les clichés sexistes au service des inégalités et des violences
Que ce soit au collège ou au lycée, les filles sont plus souvent victimes d’insultes sexistes et de violences psychologiques. Parmi les violences qu’elles subissent, la plupart concernent des violences sexuelles.
Ces clichés sont aussi largement diffusés par des mouvements qui souhaitent maintenir une barrière entre les hommes et les femmes, comme les masculinistes. Ils alimentent les inégalités entre les hommes et les femmes et participent au sexisme et aux violences sexuelles.
Face aux clichés sexistes, les bons réflexes
Pour déjouer les clichés sexistes, il te suffit de suivre ces trois étapes :
- Désactive le mode « pilote automatique »,
- Relance ton esprit critique,
- Fais du tri parmi les comptes que tu suis sur les réseaux sociaux et conserve ceux qui te font du bien,
- Questionne ce qui te paraît naturel : « Est-ce qu’on dirait la même chose à une fille/ à un garçon ? »
Si la réponse est non ou si tu as des doutes, il y a des chances que ce soit basé sur un cliché !
Oser dépasser les clichés pour être soi
Passer à côté d’une partie de soi à cause des clichés, c’est tellement dommage ! Continue à faire ce qui te fait te sentir bien, te ressource, indépendamment de ce que peuvent en dire les autres, ou de la soit disant « norme ». Être une boxeuse, un passionné de cuisine ou une scientifique dans l’âme, c’est ce qui fait de toi ta singularité. C’est à préserver ! Tu trouveras toujours plus de plaisir à faire ce qui te fait vibrer, qu’à réaliser des activités socialement plus acceptées.
Tu peux aussi rencontrer des personnes qui ont les mêmes goûts ou centres d’intérêt que toi. A plusieurs, on se sent plus forts !
Une femme cheffe de chantier ou plombière, un homme sage-femme ou secrétaire de mairie … et pourquoi pas ! Ce sont tes centres d’intérêts et tes compétences qui doivent t’orienter vers une filière ou un secteur professionnel, pas l’avis des autres.

Et si on changeait les mentalités ?
Être solidaire au quotidien
Comme toi, les autres ont le droit d’aimer ce qui leur plait (vêtements, coiffures, sports, passions, causes, etc). En soutenant tes ami.e.s et en évitant de faire des remarques stigmatisantes, tu participes alors à faire reculer les clichés.
Dénoncer les comportements problématiques
Tu peux aussi décider de ne plus laisser passer les remarques ou comportements sexistes, stigmatisantes et stéréotypées et le faire remarquer aux auteurs.
Un garçon qui pleure et qui est moqué pour ça ? C’est l’occasion de rappeler aux autres que nous avons tous des émotions et qu’il n’y a pas de honte à les exprimer, que l’on soit une fille ou un garçon.
Sur les réseaux sociaux, tu peux cliquer sur « signaler » lorsqu’un contenu te paraît problématique. Et tu peux aussi liker et partager des contenus qui cassent les codes et luttent contre les clichés.
Se mobiliser lors de moments clés
Si ce sujet te tient à cœur, il y a deux journées à ne pas rater : la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars et la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre.
A cette occasion, participe à une action près de chez toi ou propose de faire quelque chose dans ton établissement scolaire. Tu peux solliciter le référent Égalité ou ton professeur d’éducation morale et civique pour réfléchir ensemble à un projet.
Des ressources accessibles
En cas de besoin, tu peux d’ailleurs demander de l’aide auprès du référent Égalité mais aussi aux autres adultes de ton établissement : professeurs, CPE, assistante sociale, infirmière scolaire. Des lieux d’accueil comme les Maisons des ados sont également là pour t’écouter et t’accompagner (voir notre page Structures, thème « Mal être » + ton département).
Tu peux aussi trouver des réponses et de l’aide gratuitement et de manière anonyme :
- en allant sur le site Onsexprime.fr
- en contactant le Fil Santé Jeunes au 0800 235 236 (9h-23h tous les jours) ou via le tchat (9h-22h).
En résumé, faire ce qui te ressemble vraiment et être toi-même est le meilleur moyen de faire reculer les clichés tout en te permettant de te sentir bien dans ton corps, dans ta tête et avec les autres. En cas de difficultés, tu peux demander de l’aide à un adulte de ton entourage ou solliciter des professionnels.
Sources
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE. Égalité filles-garçons et prévention des violences sexistes et sexuelles. Disponible sur : https://eduscol.education.gouv.fr/6141/egalite-filles-garcons-et-prevention-des-violences-sexistes-et-sexuelles (consulté le 28/09/2026)
ON SEXPRIME. Askip : les clichés. Disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=Rvcj3Hw5KOc&list=PLK5A6VzMzPVQX372BVdy6T66MhTPA0g7w&index=15 (consulté le 28/09/2026)
ONU FEMMES. Comment parler d’égalité et de stéréotypes de genre avec les enfants ? Disponible sur : https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2025/6/25/egalite-stereotypes-enfants (consulté le 28/09/2026)
RÉSEAU CANOPE. Exposition « C’est cliché ! » Disponible sur https://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/contenus-associes-affiches-N-28294-60096.pdf (consulté le 28/09/2026)
VIE PUBLIQUE. Lutter contre les stéréotypes filles-garçons Quelles priorités pour 2030 ? Disponible sur : https://www.vie-publique.fr/rapport/298579-lutter-contre-les-stereotypes-filles-garcons-quelles-priorites-pour-2030 (consulté le 28/09/2026)
VIE PUBLIQUE. Stéréotypes filles-garçons : une résurgence inquiétante chez les jeunes. Disponible sur : https://www.vie-publique.fr/en-bref/298626-stereotypes-filles-garcons-une-resurgence-inquietante-chez-les-jeunes (consulté le 28/09/2026)